Emprunts, assurances et perte d’emploi :
Cet article est là pour vous apprendre qu’il ne faut jamais, JAMAIS*, prendre d’assurance chômage quand vous souscrivez un emprunt. Il y a mieux, et c’est gratuit.
Vous êtes en train de souscrire à un emprunt immobilier ? Avec la conjoncture vous craignez de perdre votre travail, et vous pensez qu’il est plus prudent de prendre une assurance chômage ? Votre « conseiller » bancaire est un homme bien, humain, et il vous recommande de ne pas prendre de risques ? Moi aussi, je l’aurais écouté il y a quelques temps. Mais vous auriez tord.
Vous êtes une sérial-shoppeuse, vous avez plus de 17 emprunts sur le dos et vous ne loupez aucune occasion de faire les soldes ou de sauter sur une promo ? Votre salaire le permettait, mais vous découvrez seulement que vous risquez de perdre votre job et qu’une assurance chômage pourrait vous aider en cas de coup dur ? Restez calme.
Apprenez d’abord que les assurances chômages ne vous couvriraient que partiellement, avec des délais de carences variables (jusqu’à 1 an), et que de nombreux consommateurs sont assez insatisfaits du résultat. Prenez le temps de lire le contenu réel du contrat : Si l’assurance vous couvre à hauteur de 50% de l’emprunt lorsque vous perdez 50% de vos revenus, cela signifie qu’en passant d’un salaire de 2 300 € à un revenu de 1 250 €, vous continuerez à payer la moitié de votre emprunt. Si vous avez déjà réduit votre niveau de vie aussi drastiquement, vous comprenez que l’option n’est pas si intéressante que ça : Concrètement, la part de vos revenus dédiée au remboursement de l’emprunt va prendre de la place sur vos dépenses les plus essentielles. Définitivement c’est un moindre mal, mais ce n’est pas une bonne option.
Non, ce qui serait vraiment bien, ce serait de pouvoir reporter l’ensemble de l’emprunt à plus tard, par exemple lorsque vous aurez de nouveau un travail. L’idéal, ce serait aussi de pouvoir profiter d’une certaine souplesse dans les moments un peu difficiles, comme un divorce ou une baisse de vos revenus un peu temporaire. Et puis franchement, le top du top, ce serait que cette assurance soit gratuite.
Bonne nouvelle : en France le Code De La Consommation protège tous ceux qui perdent leur emploi et ceux qui voient leurs revenus diminuer trop rapidement. Les cas de force majeur en somme. Seul impératif ? Il doit être évident que la mauvaise passe n’est que temporaire, et que les soucis financiers seront réglés sous 2 ans.
Qui peut profiter de cette loi ?
Selon l’AFUB (Association Française des Usagers des Banques), la protection concerne :
- les crédits à la consommation inférieurs à 21 500 €,
- les crédits immobiliers.
Cette protection est ouverte lorsque les ressources sont réduites de manière substantielle, notamment en cas de :
- cessation ou limitation d’activité,
- perte d’emploi,
- situation familiale perturbée (divorce, décès, …).
Selon l’article L313-12 du CODE de la CONSOMMATION, l’emprunteur a droit à :
- une diminution voire une suspension des échéances à payer, ceci pour durée MAXI de 2 ANNEES et s’il y a lieu,
- une dispense de payer les intérêts correspondants.
Comment procéder ?
La demande doit être réalisée auprès du tribunal d’instance : C’est rapide (moins de 5 semaines), aucun avocat n’est nécessaire, la procédure est simple et souvent gratuite (pour environ 70 € dans le pire des cas). Attention cependant : N’oubliez pas de faire la demande AVANT que le prêteur ne lance lui-même une procédure de déchéance du « terme ».
Dans 97% des cas, le tribunal donnera gain de cause à l’emprunteur.












